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Intersection n°30
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Le Herlaking, c’est le futur

Photos et texte : Yorgo Tloupas

Le Herlaking c’est le futur, c’est ici que vous l’aurez lu en premier.
Comment nous avons customisé à peu de frais la Jeep Renegade.

L’histoire de l’automobile a connu peu d’entorses au dogme monochromatique de la couleur de robe : si les Bugatti Royale et Delahaye des années 30 ont osé mélanger deux teintes sur leurs surfaces, peu de constructeurs ont depuis tenté la multiplicité colorielle.

Dans un élan peu germanique, Volkswagen a bien sorti les Polo « Harlequin » en 1995, combinant des panneaux de carrosserie de couleurs différentes pour un résultat unique et perçu à l’époque comme passablement dérangé. Bugatti s’est réapproprié la bichromie avec ses monstres récents, mais en 2016, si vous croisez une voiture avec une pièce de carrosserie de couleur intrigante, c’est soit une épave rafistolée sans vergogne, soit un échec de tuning.

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Et pourtant, la portière dépareillée va bientôt s’imposer sur les podiums de la haute couture automobile. Passionné par ces accidents chromatiques, l’artiste designer (et collaborateur d’Intersection de longue date) Étienne « Akroe » Bardelli a renommé cette tendance #herlaking en hommage au mythe germanique du roi Herla, légendaire source du mot Harlequin. Dans quelques années, ses interventions sur une VW Jetta angulaire à l’extrême seront sans doute considérées comme l’origine d’un nouveau langage de design automobile.

Quand nous avons récemment remis la main sur la Jeep Renegade, le premier constat a été de reconnaître qu’un chef-d’œuvre de design, aussi omniprésent que le succès de ses ventes l’ait rendu (on pense à la première Twingo, à l’Audi TT ou à la Fiat 500 des années 2000), reste une référence même s’il court les rues.

Posture trapue, angles assumés, phares et feux loin du maniérisme en vogue, la Renegade a su attirer notre œil dès son arrivée sur le marché en 2014. Sa gamme colorielle n’a pas déçu non plus, avec des teintes non métallisées, des beiges, des bruns et des gris modernes dans leur effacement. Le vert kaki foncé de notre modèle correspond à peu de choses près à la teinte que nous avions fantasmée pour nos voitures imaginaires il y a quinze ans.

Aujourd’hui, cette couleur est sur le marché, et de surcroît sur un 4X4 sobre, efficace et dessiné sans compromis. Seule ombre au tableau : Jeep équipe certains modèles de décors autocollants, cartes topographiques sur le capot, ou dans notre cas, étoiles très US Navy sur les portières. Souci quand on est designer : la forme de l’étoile ou le traitement de ses contours n’est jamais le bon à notre goût.

Au départ d’un bref surf trip en Bretagne, nous avons donc trouvé un remède simple et temporaire mélangeant #herlaking, esthétique militaire et débrouille. Deux rouleaux de vinyle brillant, un gris et un noir, une paire de ciseaux, quelques stickers jaunes de notre marque de ski black crows, et vingt minutes de labeur manuel plus tard, notre fière héritière des Jeep Willis de la Libération prenait le chemin inverse pour visiter les blockhaus de la côte atlantique avec un look militaire redux.

Les deux portières camouflées ont sans doute une utilité guerrière quasi nulle, mais le look obtenu nous a convaincus que le futur du design automobile allait passer par un chamboulement des codes de l’harmonie chromatique. Souvenez-vous de ces mots quand Ferrari sortira son SUV avec une portière conducteur à l’effet rouille.

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