LE MAGAZINE DE LA CAR CULTURE
Widget Image
Intersection n°30
Disponible sur notre e-shop.

Blog

L’Heure du Quatre Kart

Texte : Alexander Batke-Lachmann ; Photographie : Chris Kippenberger

Chaque week-end, des milliers d’enfant et de jeunes déferlent sur les pistes de karting à travers toute l’Allemagne. Pour quelques heureux élus, c’est le début d’une carrière en sport automobile. Armé de sa caméra, le réalisateur Chris Kippenberger documente cet univers depuis plus de dix ans. Il nous parle de son projet « Kart Kids ».

Intersection : Après votre court-métrage Kart Kids, vous préparez actuellement un long-métrage sur les enfants et les jeunes de la scène karting.

Chris Kippenberger : Pour moi, c’est un projet au long cours. L’histoire doit s’écrire d’elle-même. Aujourd’hui, on consomme les séries et les films de manière totalement différente. Avant, quand Les Soprano passait un soir par semaine à la télé, on en discutait le lendemain avec ses collègues et ses amis. En l’espace de six à sept ans, les personnages de la série ont grandi et vieilli en même temps que les téléspectateurs. On avait l’impression de vivre avec eux. Aujourd’hui, des séries comme House of Cards sortent d’un seul bloc et les gens regardent tous les épisodes à la suite en un week- end. Ils restent chez eux en caleçon, ne sortent pas, ne parlent à personne et ne font qu’attendre la prochaine série à télécharger. Je dois adopter le format qui correspond le mieux à mon thème.

celine.00_03_19_23.Still001

Inter : Depuis quand travaillez-vous sur ce projet ?

CK : Depuis dix ans déjà. Je faisais du karting avant et c’est comme ça que j’ai rencontré tous ces enfants. Contrairement aux pilotes adultes, ils ne font pas attention à la caméra. Avec eux, il faut tourner pendant trois ans pour obtenir trois minutes de film, et en fin de compte, les parents vous appellent pour vous demander de les couper.

master.00_01_17_22.Still011

Inter : Pourquoi ?

CK : Par exemple, si un garçon dit «on pourrait désosser ce moteur », les parents ont tout de suite peur que ce soit interprété comme de la triche. Personne ne veut en parler. Finalement, ce travail confine à l’étude sociale. Les enfants dont les parents ont les moyens d’acheter cinq moteurs ont plus de chance de gagner, à moins qu’un autre gamin ait vraiment du talent. Cela dit, sur mille enfants qui pilotent un kart à moitié cassé, un seul réussira peut-être à se classer premier. Mon grand- père disait toujours deux choses : «La vie est une guerre », et « Finir deuxième, c’est déjà perdre ». La vie est vraiment comme ça.

master.00_01_10_06.Still012

22 février 2017
Dur Duo
24 février 2017
Éléphant Bleu