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Daniel Ricciardo monte en pression

Le pilote le plus cool du championnat du monde de Formule 1 se pose sur la Côte d’Azur pour lancer la marque de bière Blue Coast.

Quand on parle de cool, impossible de rivaliser avec Daniel Ricciardo. Le pilote australien a toujours le sourire d’une oreille à l’autre, même quand il ne gagne pas. Et quand il gagne, c’est avec un panache incroyable, comme il l’a démontré lors du dernier Grand Prix de Chine, où il s’est baladé autour de ses adversaires au volant de sa Red Bull RB14. Et ça finit toujours de la même façon : par unshoey sur le podium, c’est-à-dire une rasade de champagne bue à même sa bottine de pilotage. En dehors de la Formule 1, Daniel Ricciardo oublie les boissons énergétiques et les bulles : il se consacre désormais à la brasserie artisanale Blue Coast, dont il est l’un des cofondateurs aux côtés de personnalités telles que les pilotes Jenson Button et Andreas Mikkelsen, ou les cyclistes Tiffany Cromwell et Thor Hushovd.

Intersection : Comment en êtes-vous venu à vous installer sur la Côte d’Azur ? Daniel Ricciardo : Quand on court en F1, il faut être en Europe. La plupart des usines se trouvent en Angleterre, mais il y fait un peu trop froid. J’y ai vécu cinq ans, puis j’en ai eu assez. Beaucoup de pilotes vivent ici à Monaco. J’y suis venu, j’y ai passé quelques semaines pour sentir l’endroit et j’ai trouvé la météo plaisante. Je me suis dit, “allez, essayons”. J’ai davantage d’amis ici et comme l’environnement est bon pour s’entraîner, faire du vélo… me voilà !

Inter : Aucun rapport avec les impôts ?DR : Absolument aucun ! Bon… peut-être un peu, d’accord, mais le reste est plus important. Les impôts, c’est juste un bonus.

Inter : Combien de temps passez-vous à Monaco dans l’année ?DR : Quand on est pilote de Formule 1, on voyage beaucoup. Disons que je suis surtout là en février et un peu au printemps.

Inter : Max Verstappen, votre coéquipier au sein du team Red Bull, vit aussi à Monaco…DR : En fait, on habite dans le même immeuble !

Inter : Qu’est-ce qui vous a amené à vous lancer dans la bière ? DR : Il y a deux raisons. D’abord, c’est toujours bien de regarder vers le futur. Un bon pilote de F1 peut gagner beaucoup d’argent, mais ça ne dure pas jusqu’à l’âge de la retraite. On court peut- être dix ans. C’est important de penser à l’après. Et pour moi, c’est tout aussi important d’avoir d’autres centres d’intérêt. Si on ne pense tous les jours qu’à la F1, c’est épuisant. On a besoin d’autres hobbies. La brasserie a été lancée par des gens que je connaissais à Monaco et avec qui je suis devenu ami. Le pilote Jenson Button et quelques autres types avec qui je m’entraîne étaient de la partie. Ça m’a semblé une bonne idée. C’est une bonne évasion pour nous, mais aussi quelque chose qui nous permet de nous réunir après une course stressante.

Inter : Quelle est votre implication dans l’entreprise ? DR : Je suis l’un des fondateurs. Je ne cherche pas à devenir expert en bière, mais je peux avoir mon opinion sur le goût, les saveurs, sur ce qui serait vendeur dans le climat du sud de la France – qui est semblable à celui de l’Australie. Je m’intéresse au design des packagings, au public que nous essayons de toucher. Le sud de la France peut être très posh et classique, mais la bière est également très populaire auprès des jeunes. J’essaye de trouver un équilibre. J’apporte un point de vue jeune, qui ne sera pas celui de quelqu’un comme Jenson. Après tout, il a dix ans de plus que moi !

Inter : Sans parler de l’expérience que vous pouvez avoir avec vos sponsors… DR : En F1, nous ne pilotons que 20 % du temps. Le reste, c’est du marketing pour les sponsors. J’ai peut-être appris aussi quelque chose d’une entreprise de boissons comme Red Bull. Nous allons essayer d’adopter une stratégie similaire.

Inter : Cette association me fait penser à cette célèbre image de James Hunt, où on le voit boire une bière en fumant un joint, sans doute en pensant à la prochaine fille qu’il va sauter. DR : C’est tout moi !

Inter : C’est étrange de voir un sportif lié à une marque d’alcool, même si le produit véhicule une image naturelle. DR : L’essentiel, c’est qu’il s’agit d’une bière artisanale. C’est comme en sport automobile : il existe toutes sortes de disciplines, et puis il y a la Formule 1, la plus raffinée. Comme Jenson et moi avons expérimenté le plus haut niveau, faire quelque chose de basique avec un goût standard n’aurait eu aucun intérêt.

Inter : On vit une époque où tout le monde peut lancer sa marque, où les entrepreneurs sont les nouveaux leaders qui fascinent les gens. DR : En fin de compte, on veut surtout réaliser quelque chose dont on pourra être fiers !

Propos recueillis par Patrice MeignanPhotographe : Robert Wunsch

 

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