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Intersection n°30
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« Bernie aimerait voir une femme piloter »

Texte : Adam-Hay Nichols ; Photographie : Lou  Watts

Carmen Jorda sera-t-elle la première à briser le plafond de la F1?

Carmen, 28 ans, est installée dans le cockpit de la Hesketh de James Hunt, une machine rendue emblématique par son ex- pilote connu pour ses débordements de testostérone. Si la F1 des années 70 était une pure discipline d’hommes, l’année où la Hesketh 308 a été produite, Lella Lombardi a terminé le Grand Prix d’Espagne à la sixième place. Ça reste à ce jour le meilleur résultat d’une femme pilote et de Lella Lombardi. Elle s’est retirée la saison suivante, devenant la dernière femme à avoir pris le départ d’une course de F1.

img_0810« Les années 70 étaient une époque différente », explique Carmen. «La F1 était généralement un passe-temps pour riches gentlemen drivers», dit-elle en précisant qu’il est encore plus difficile d’accéder à ce sport aujourd’hui. Ces dernières années, on a pourtant compté quatre femmes pilotes d’essai ou de développement, dont Carmen, ce qui rend ce plafond de verre de plus en plus fragile.

À son crédit, la course automobile est l’un des très rares sports où les hommes et les femmes se battent à armes égales. Bernie Ecclestone, le maître de la F1, a parfaitement compris tout le bien qu’une femme pilote rapide peut rapporter à ses affaires, et offre donc tout son soutien à Carmen, pilote d’essai Renault. «Bernie a été incroyable. Il avait une grande vision. Il m’a toujours soutenue et me donne des conseils quand j’en ai besoin. Il sait que le sport automobile n’a pas encore correctement exploré ce domaine et il aimerait voir une femme piloter. »

«Il y a beaucoup de femmes en karting, mais le problème, c’est ce qu’elles deviennent par la suite. Elles ont besoin d’un objectif pour progresser à travers les différentes formules, et d’un exemple à suivre en Formule 1 pour entrevoir la possibilité d’un avenir. Les sponsors doivent également en prendre conscience pour que les jeunes femmes pilotes puissent obtenir le soutien nécessaire afin d’accéder aux sommets. »

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Tout a commencé avec le vieux kart de son père, avant qu’elle ne s’implique sérieusement dans le sport à l’âge de onze ans. Elle a ensuite gravi un à un les échelons de la Formule 3, de l’Indy Lights et des GP3 Series. Certains de ses anciens rivaux affirment que c’est son physique qui lui a ouvert les portes de la F1, mais Carmen n’y voit que de la jalousie. «J’écoute les critiques constructives, mais à ce niveau-là, il y aura toujours des jaloux. »

Outre son rôle au sein de l’équipe Renault F1, qui comprend des essais en simulateur, Carmen pilote en course la superbe R.S.01 dans le Renault Sport Trophy, mais la F1 reste toujours la voiture qui lui procure le plus de frissons. « Pour une femme, ça a toujours été plus difficile. Comme il y a davantage de barrières, il faut se battre plus dur que les autres.»

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