LE MAGAZINE DE LA CAR CULTURE
Widget Image
Intersection n°30
Disponible sur notre e-shop.

Blog

trump election bentley

Même Notre Bentley N’a Pas Réussi À Stopper Trump

Texte et photographie : Adam Hay-Nicholls

Intersection a baladé des électeurs démocrates en Bentley Mulsanne Speed pour aller au bureau de vote. En vain.

Vous ne m’avez pas attendu pour savoir que les élections américaines de 2016 ont été les plus amères, les plus clivantes et les plus brutales qu’on ait jamais connues. Malgré tout, avec un taux d’abstention de 41,6 %, le grand vainqueur n’était pas Donald Trump, mais bien l’apathie. Même si je n’ai pas le droit de voter aux États-Unis, j’ai fait de mon mieux pour participer et soutenir la démocratie. Ma mission ? Emmener les électeurs aux urnes au volant d’une Bentley.

Pour la plupart de ces 135 millions d’électeurs, la division entre les candidats et l’apocalypse idéologique qu’elle a déclenchée représentaient une motivation suf sante pour cocher un bulletin de vote, mais pour les indécis et ceux qui étaient coincés au travail ou pris par le temps, j’avais l’espoir qu’une balade en Bentley Mulsanne Speed ambant neuve serait une bonne carotte.

Quoi de mieux pour évacuer le stress d’une campagne aussi belliqueuse entre candidats hostiles et médias déchaînés que d’aller au bureau de vote en pro tant de sièges massants ? Mes hôtes allaient avoir l’impression de monter à bord d’une limousine présidentielle.

trump bentley bike gang

Alors que quelques sites parodiques appelaient la Couronne britannique à reprendre la tête de l’Amérique au lieu de la laisser entre les mains de Donald Trump ou d’Hillary Clinton, je me suis retrouvé au volant du fleuron de la marque officielle de Sa Majesté en direction de Philadelphie, berceau de la Déclaration d’Indépendance de 1776. Non, Elizabeth II ne partira pas à la conquête du Nouveau Monde, mais la Bentley m’a au moins donné un aperçu du faste et du style britanniques.

La Cadillac présidentielle présente peut-être les avantages d’un blindage de 20 centimètres, de lance-grenades et d’un litre de sang du chef de l’État à son bord, mais la Mulsanne la surpasse largement en termes de performances. Le moteur diesel de la Cadillac la fait accélérer de 0 à 100 km/h en 15 secondes et elle ne peut guère rouler plus vite. Mon monstre mécanique, lui, embarque un puissant V8 6,8 L capable d’accélérer de 0 à 100 en 4,8 secondes et de le propulser à 305 km/h.

Et avec 5,5 mètres de long, sa carrure en impose. Si la Bentley était un président, ce serait Theodore Roosevelt, qui était boxeur et of cier de cavalerie avant de siéger dans le bureau ovale.

Ma zone d’action ? West Philly. Oui, là même où le Prince de Bel Air a grandi. Le quartier est majoritairement noir et les revenus modestes. Ici, madame Clinton faisait gure de favorite.

vote usa president bentley mulsanne

Pendant cette semaine passée aux États-Unis, je me suis rendu compte que si Hillary était bien plus populaire dans les grandes villes que j’ai visitées (New York et Philadelphie), une fois en dehors, les gens votaient Trump. Ils avaient leurs réserves sur «The Donald», mais toutes sortes de raisons de détester Hillary. «Même si on me payait, je ne voterais pas pour elle», m’a-t-on souvent répété. Dans un Starbucks où nous avons fait halte avec une amie, le barista, qui nous a révélé être un Mexicain sans droit de vote, lui a dit qu’il n’accepterait jamais de voir une femme élue présidente.
Ce qui m’a stupéfait, ce n’était pas sa misogynie, ni qu’il soutienne Trump bien qu’il vienne du mauvais côté de la frontière, mais plutôt qu’il n’ait aucun problème à partager cette trump election vote fraudinformation avec une femme à laquelle il sert un café à six heures du matin.

Je dois avouer que je suis allé en Amérique en espérant une victoire des Démocrates, même si mon plan initial était d’offrir mes services de chauffeur sans préjugés ni sermon. Quand je suis arrivé au bureau de vote de Baltimore Avenue installé dans une école remplie d’étranges machines à voter, il m’a soudain paru évident qu’on allait me prendre pour un Républicain. En costume au volant d’une Bentley, je semblais tout droit sorti de la Trump Tower. Dans la file d’attente, un électeur a même posté le tweet suivant : «Trump a envoyé un de ses lieutenants pour influencer les votes». Après lui avoir expliqué ma mission, il a effacé le tweet et l’a remplacé par la photo d’une dame assise à l’arrière de la Bentley tandis que je lui faisais faire le tour du pâté de maison. Une voix de plus pour Hillary et la Mulsanne.

L’intégralité de ce reportage est à découvrir dans Intersection #30, disponible sur le e-shop.

31 janvier 2017
La Preuve Par 3
2 février 2017
Les Points Sur Le E